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[RAVITAILLEMENT] Le ranch en bordure de la ville / solo

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VAGABONDS
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SAC A DOS DU SURVIVANT
SAC A DOS: - deux couteaux de boucher (un à la cheville, un à la ceinture)
- un fouet (à la ceinture)
- un paquets de cigarettes
- un briquet

♦ Balles : 88
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MessageSujet: [RAVITAILLEMENT] Le ranch en bordure de la ville / solo   Ven 24 Aoû - 23:17

Le RanchJames ◆ Topic Solo


Il avait voyagé de nuit. C’était plus pratique pour éviter les zombies. Et les survivants, aussi. Ces abrutis avaient tendance à se cacher, la nuit. Alors que c’était le moment où il était, à ses yeux, le plus simple de se glisser entre les zombies pour arriver à se déplacer. Les zombies n’y voyaient rien. Parfois, James se demandait si les zombies y voyaient quoi que ce soit la journée. Il suffisait d’être un peu inventif et de lancer une conserve vide de l’autre côté de la rue pour avoir le champ libre, au fond. James faisait particulièrement attention à ne pas faire de bruit durant son périple.

Il s’immobilisa finalement devant l’endroit qu’il avait repéré quelques jours plus tôt. Une part de lui était à peu près sûr que venir en pleine nuit était quand même une sacrée connerie, mais il n’allait pas revenir sur sa décision : au moins, de nuit, c’était plus simple d’être seul. Et, James n’avait pas l’intention de prendre un quelconque compagnon d’aventure. Cela lui ferait une bouche de plus à nourrir, et en plus de ça, il n’était pas sûr du tout que sa façon de considérer les vivants comme des zombies en devenir dont il fallait, très probablement, écourter la vie pour qu’ils ne reviennent vous croquer les orteils pendant que vous dormez. Tuer n’était cependant pas la solution absolue à toute chose, cependant. Certains pouvaient éventuellement avoir des informations sur l’endroit où était passé sa sœur.

James la recherchait depuis qu’il avait compris ce qu’il se passait, et le seul endroit où il n’avait pas encore regardé était dans ces camps de réfugiés qui s’étaient organisés dans divers endroit. Il semblait que les plus gros étaient l’Institut de Georgie et l’Aquarium. Si Nina était encore en vie, il y avait de bonnes chances pour qu’elle ait rejoint l’un des deux, en fonction de l’endroit où elle se trouvait. Mais, James ne se voyait pas y aller, la bouche en cœur et le cul enfariné pour demander si on avait vu sa sœur. Non. Il espérait qu’elle en sortirait un jour et qu’il aurait l’occasion de la croiser ainsi.

Le ranch était à la lisière de la ville. Presque en dehors, en fait. Il grouillait de zombies, mais James avait remarqué qu’ils restaient tous à peur près au même endroit, autour des écuries. Il devait y avoir des rats ou quelque chose qui faisait du bruit là bas. James aurait bien aimé aller jeter un coup d’œil, mais il n’allait pas risquer sa vie par pure curiosité. Il y tenait beaucoup trop pour cela. Il passa par-dessus la barrière et il traversa le champ à pas de loup. Le bruit lointain des zombies était régulier, aussi ne s’inquiéta-t-il pas plus que ça. Il s’arrêta à côté d’une porte fenêtre et après avoir enroulé son poing dans sa veste, il donna un coup de poing dedans, brisant la vitre au niveau de la poignée. Il passa ensuite son bras dedans pour déverrouiller la porte et entrer. Il referma dans son dos et il poussa un léger soupir. Pas de zombie. Pas de bruit. Il n’avait attiré personne.

Il aurait aimé avoir une lampe de poche, mais au lieu de ça, il n’avait qu’un rouleau de scotch sur lui et un sifflet. Les dieux de la chance n’avaient pas été avec lui jusque là. Peut être que cela allait changer une fois qu’il aurait fouillé cette maison. Il l’espérait, en tout cas, car le poids familier du 9mm vide à sa ceinture commençait à le démanger. Cela lui manquait de ne plus sentir l’objet dans sa main alors qu’il visait le zombie entre les deux yeux. Mais non. Il ne pouvait pas. Il était simplement coincé dans cette saloperie de vie, à chercher sa sœur et avec pour seules armes un couteau suisse et une boite de conserve pour chat. Il n’avait, d’ailleurs, toujours pas réussi à se résoudre à la manger. Il n’était pas tombé aussi bas, pas encore. Et puis, dans le pire des cas, il était presque sûr que le zombie se mangeait grillé, si jamais il devait choisir entre la boite de conserve et manger du zombie grillé, il choisirait le zombie.

Il poussa un soupir et quitta le salon, où il ne pensait rien trouver, pour le couloir. Il jeta un coup d’œil dans l’entrée, puis il passa dans ce qui ressemblait le plus à une cuisine. Il tenta d’ouvrir le robinet, dans l’espoir d’avoir un peu d’eau, mais bien sûr rien ne coula. Ce n’était pas aussi facile. Un nouveau soupir quitta sa poitrine et il secoua lentement la tête. Un éclair sur le côté lui fit arrêter son mouvement, cependant. Il s’approcha du comptoir et il y récupéra deux couteaux de boucher qui se trouvaient posés là, comme s’ils l’attendaient. Thank-you Lady Luck, dit-il avec un sourire en coin. Il en glissa un à sa ceinture, puis il se pencha pour attacher l’autre au niveau de sa cheville, par-dessus son pantalon. Il avait conservé des lanières pour ce genre de situation, au cas où, accrochées à sa cheville droite depuis des semaines. Voir des mois. Voilà qui changeait de son scotch.

Il restait certain, cependant, qu’il y avait plus de choses à trouver ici qu’il ne le voyait au premier abord. Il ouvrit un tiroir et trouva une boite d’allumettes, qu’il mit dans sa poche avant de faire de même avec les autres tiroirs. Rien. Mais, comme il était persuadé qu’il y avait mieux, il tourna sur lui-même pour examiner la pièce à la lueur de la lune. Aussi se dirigea-t-il vers la porte du cellier – du moins pensait-il que cela y menait – et l’ouvrit-il. James se retrouva cependant face à un escalier qui descendait. Il hésita un instant avant de descendre les marches une par une. Elles grinçaient, et l’homme avait l’impression qu’on n’entendait que ça dans toute la maison. Voir à des kilomètres à la ronde. Evidemment, il n’avait pas trouvé la moindre lampe de poche, il sortit sa boite d’allumette et il grilla la première pour s’éclairer un peu. L’endroit n’était qu’un bric à brac sans fin ni fond. L’homme poussa un grognement et il fit quelques pas dans la pièce avant de laisser tomber son allumette et d’en cramer une autre.

Tout ça pour éclairer un zombie à quelques centimètres de sa tête. Il laissa tomber l’allumette alors que le zombie poussait un grognement et se jetait sur lui. James ne put que reculer d’un pas, et lever les bras pour empêcher le zombie de lui tomber totalement dessus, et de le faire rouler sur le sol. Ainsi placé, il ne pouvait pas faire grand-chose. Ses couteaux étaient hors d’atteinte, et ne parlons pas de son pistolet inutile à sa ceinture. Il poussa un grognement sonore en réponse à celui du zombie et il força sur ses jambes pour le renverser en arrière.

Le zombie tomba et James fit demi-tour, cherchant à tâtons la première marche de l’escalier. Bien entendu, dans la lutte, il avait perdu ses allumettes, et il n’avait pas l’intention de prendre le temps de la chercher. Pas avec un zombie susceptible de le mordre à tout instant. C’est donc en rampant qu’il grimpa à l’étage et referma la porte dans son dos. Il poussa la table de la cuisine contre la porte, par pure sécurité, bien qu’il ne pense pas que le zombie réussisse à soulever le loquet. Là, il resta quelques à souffler avant de se redresser et de se diriger vers l’étage de la maison. C’est là qu’il tomba sur zombie numéro deux. Sauf que cette fois, il avait prévu le coup, et il avait son couteau à la main.

Le zombie s’étala sur le sol avec le couteau dans le crâne après quelques secondes à peine de combat. James récupéra le couteau et l’essuya sur les vêtements du mort. Il récupéra aussi le fouet que celui-ci avait à la ceinture et le passa sur la sienne. Pas mal, même s’il ne savait pas à quoi cela servirait. Dans la chambre, il ne récupéra qu’un chapeau qu’il posa sur sa tête. Le reste avait été vidé et il n’y avait rien à prendre.

Il resta cependant un moment à observer l’écurie, pensif, depuis le premier étage. S’il n’y avait rien dans le ranch, peut être y aurait-il quelque chose dans la grange ? Mais, ce peut être valait-il la peine de risquer sa peau face à une vingtaine de zombies ? Probablement pas. C’est donc bien entendu pour cette unique raison que James se décida d’aller faire un tour là bas. Quand on côtoie la mort d’aussi près que lui pendant aussi longtemps, on ne peut pas s’en sortir sans avoir un léger penchant pour les situations où l’adrénaline coulait à plein flots. Alors il ressortit de la maison principale avec un sourire fixé sur ses lèvres et il se dirigea vers les zombies. Pour les occuper, il lança sa boite de conserve de catfood sur le côté, avec l’intention de la récupérer au retour. Il trouverait bien autre chose à lancer au passage, non ?

Une fois les zombies éloignés de quelques mètres, il profita de la nuit pour leur passer derrière et pour se glisser dans la grange en utilisant la corde qui pendait sur le côté comme d’un endroit pour grimper… Ce qui attira bien entendu les zombies, puisque personne ne grimpe à la corde sans pousser quelques tous naturels grognements. Heureusement pour lui que les zombies ne sont pas capables de grimper à la corde…

Une fois à l’intérieur, le bruit des zombies s’atténua un peu et il marcha dans le grenier à foin. Il n’y avait personne ici et pendant un instant il songea à passer la nuit là. Il faisait bon, dans ce grenier après tout. Et, les zombies auraient oublié qu’il était là dans quelques heures. Ce serait probablement un bon compromis. La paille n’était pas pourrie, elle avait été bien séchée, la grande fenêtre qui donnait sur le vide. Il ne semblait pas y avoir le moindre zombie en bas, et même si c’était le cas, il ne le verrait pas puisque la seule source de lumière provenait du trou dans le mur qu’il venait de grimper. Il serait tranquille là pour quelques heures.

James se fit donc un nid dans le foin, et il s’allongea dessus avec un soupir de soulagement, son tout nouveau chapeau poussé sur son visage. Trois minutes, montre en main, plus tard, il dormait du sommeil du juste.

******

Ce fut la faim qui l’éveilla en premier. Il poussa un grognement et ne bougea pas. Il attendait la seconde vague. Car, après le début de l’apocalypse, James était tombé dans une sale manie. Pour calmer ses nerfs, il s’était mis à fumer. Sauf qu’il avait terminer son dernier paquet une semaine plus tôt, et que le manque lui donnait des crampes. Elles ne tardèrent pas à venir, d’ailleurs. Un grognement quitta sa poitrine et il ferma à nouveau les yeux, attendant une seconde de s’habituer au manque qui grandissait en lui.

Tout ça n’avait qu’une seule et unique source : l’inquiétude envers Nina. Il avait l’impression qu’il ne la retrouverait jamais. Nina était la seule personne qu’il n’ait jamais laissé entrer dans son cœur. Il était devenu accroc à sa présence et ne pouvait pas passer une semaine loin d’elle. Il adorait leurs soirées télé, quand il s’allongeait sur le canapé et qu’elle venait se lover contre lui, la tête dans le creux de son épaule. Il adorait l’odeur que dégageait ses cheveux à quelques centimètres de son nez, et il laissait toujours ses doigts caresser son bras, dans un mécanique mouvement de haut vers le bas. Il aurait tué pour retourner à ce moment bénit où ce n’était plus que Nina et lui. Il avait refusé qu’elle vive avec lui, cependant. Il ne voulait pas qu’elle se retrouve en danger à cause de lui. James était un tueur en série. James était l’incarnation même du danger. Et Nina… Nina était la douceur et la joie de vivre incarnée. Il ne pouvait pas attirer ses ennemis à elle. Il n’en avait pas le droit.

Plusieurs fois, il s’était demandé ce que ça ferait de l’embrasser. De donner raison à ces putains de rumeurs qui avaient courut sur lui et sur elle quand ils étaient jeunes, quand personne ne comprenait leur proximité. Il se demandait si ça changerait de cet acte mécanique qu’il faisait avec ces filles qu’il draguait en boite quand il avait besoin de sexe. Il allait les chercher, un sourire charmeur sur les lèves, utilisant ses yeux bleus pour leur faire croire monts et merveille… Et au matin, il avait disparu. Il ne cherchait pas à trouver une quelconque relation sur le long terme, non. Il n’avait qu’un besoin de satisfaire certaines pulsions indispensables. Il n’avait jamais réussi à passer le cap, cependant. Il n’avait jamais réussi à attraper le menton de sa sœur, pour plonger son regard dans le sien, avant d’unir leurs lèvres pour voir si, enfin, il ressentirait quelque chose. Nina était trop pure pour lui. Elle était trop gentille pour comprendre la perversité qui l’emplissait lui. James s’était perdu sur le long chemin de la vie. Il avait oublié à un moment le prix de la vie humaine. Les gens n’étaient que des numéros pour lui. Ils n’étaient que des contrats, plus ou moins juteux. Plutôt plus, d’ailleurs, avant l’apocalypse. Avant que les zombies ne reviennent.  C’était comme si à force de tuer des gens, il avait oublié ce que c’était d’être humain. Nina était la seule personne à pouvoir le ramener à une certaine réalité, réalité qu’il ne pouvait pas briser en se laissant aller à ces sentiments pervers et tordus. Nina était la seule personne à lui rappeler que les êtres humains n’étaient pas des jouets, et qu’il ne pouvait pas tuer n’importe qui n’importe quand. Elle était son ancre. Et lui n’était qu’une créature brisée et détruite qui ne pouvait pas l’entrainer dans ce monde de perversion dans lequel il vivait. C’était pour ça qu’elle vivait sur son campus. C’était pour ça qu’elle ne pouvait pas être proche de lui. James l’aimait beaucoup trop pour la trainer dans ce monde. Il utilisait son argent pour qu’elle fasse des études. Pour qu’elle ait un autre futur. Mais, l’apocalypse avait tout changé. L’apocalypse les avait séparés.

Le manque se faisait sentir, cependant. Il avait besoin d’elle à ses côtés. Sans elle, il était paumé. Il n’était qu’une ombre qui marchait dans les rues, incapable de donner le moindre prix à la vie humaine. Au début, il avait beaucoup bu. Il avait beaucoup fumé et pas seulement des cigarettes. Quand on a accès au monde de l’ombre comme lui, il est facile de savoir vers où se tourner quand les choses ont besoin d’être atténuées. Il avait beaucoup déprimé, aussi. Il avait eu peur de ces choses qu’il ne comprenait pas, lui qui ne ressentait même pas la peur à la base. Et puis, il s’était mis à la poursuite de sa sœur. Il s’était glissé dans cette quête avec aisance, comme si au fond de lui il n’avait attendu que ça. Uniquement et totalement ça. Retrouver Nina était sa dernière raison de vivre, le dernier point avant de se tirer une balle entre les yeux pour en finir avec ce monde qu’il ne comprenait plus et qu’il n’aimait plus. Il n’avait pas d’autre choix que de partir à sa recherche. D’espérer qu’elle était en vie. De prier tous ces dieux pour lesquels il n’avait jamais eu de foi auparavant. Il n’en avait pas plus aujourd’hui, mais il n’avait pas le choix, non.

Alors, il allait devoir trouver un paquet de cigarette, quelque part. Et sa sœur. Il avait besoin de la serrer à nouveau dans ses bras, de la tenir contre lui et de vérifier qu’elle était toujours là. Et, si elle vivait dans un de ces camps, il ferait un effort. Il ferait un effort pour rester avec elle, un peu. Entre deux voyages. Il ne pourrait pas s’y faire. Il méprisait ces gens qui se tassaient dans un coin en espérant que les choses aillent mieux. Ce n’était pas le genre de chose qu’il pouvait faire. Et puis, il n’avait jamais accepté qu’on lui dise quoi faire de ses dix doigts. Que ce soit un camp ou l’autre il ne supporterait pas d’avoir un « leader » au dessus de lui. Pas très longtemps. Et, pas même pour Nina.

Il repoussa son chapeau et il jeta un coup d’œil dehors. Le soleil était à peine levé, et il ne devait pas être plus de six heures du matin. Il n’y avait aucun bruit dehors, même les zombies semblaient s’être calmés. Il se redressa et il s’approcha du trou dans le mur, baissant le regard. Les zombies étaient toujours là, et à la lueur du soleil levant, il en dénombra vingt et un. Un rictus se dessina sur ses lèvres et l’homme tendit la main pour attraper la corde. Une part de lui avait envie de descendre et les combattre. De voir s’il pouvait tenir tête à autant de zombies par lui-même. Un hennissement le fit se figer avant de mettre son idée à exécution.

Il revint en arrière, s’approchant du bort de la plateforme pour observer l’écurie. En bas, un cheval était en train de manger un peu de foin à côté d’une écuelle quasiment vide. Mais qu’est ce qu’on a là, demanda-il à voix basse, alors que les cris des zombies reprenaient, et que ceux-ci se remettaient à frapper contre le mur le plus proche du cheval. James se laissa couler le long de l’échelle en bois usée par les âges et il s’approcha à pas lents de l’animal en lui parlant calmement.

Le cheval était un magnifique étalon d’un noir de geai. Il tapa une ou deux fois du pied lorsque James s’approcha, mais celui-ci attrapa une brosse et il la leva. L’animal s’ébroua et baissa la tête, mais James put l’approcher d’assez près pour commencer à l’étriller avec douceur. Autant il ne respectait pas du tout la vie humaine, autant il adorait les chevaux. Allez savoir pourquoi, tient. Il passa la demi-heure suivante à panser, étriller et démêler la crinière et la queue de l’animal, tissant un lien avec lui, jusqu’à ce que l’animal vienne nicher sa tête dans son épaule, lui tirant un sourire. Là, la, murmura-t-il en caressant le poil désormais soyeux. On va s’en sortir toi et moi.

Restait le problème des zombies. James ne pouvait définitivement pas ouvrir la porte et partir en courant au loin avec l’animal. Ce n’était pas cohérent. Il risquait d’être blessé au passage. Lui, ou le cheval, d’ailleurs. Il poussa un grognement et il harnacha l’animal. Sur la selle qu’il trouva, le nom « Mars » était gravé. Probablement celui du cheval. Mars se laissa faire de bout en bout, sans bouger. Il le repoussa ensuite dans sa stable, et il referma la porte, l’enfermant ainsi.

James se dirigea ensuite vers la porte de l’étable, ce qui rendit l’animal nerveux. ssssh, dit James en soulevant la planche en bois qui maintenait les deux portes fermées. Il tira ensuite la porte en restant derrière. Le raclement du bois sur le sol et des gonds qui n’avaient pas été utilisés depuis un moment attira bien sûr les zombies. James resta caché derrière la porte et il put ainsi enfoncer ses couteaux dans le crâne des deux premiers zombies qui passèrent le seuil. Il fut ensuite obligé de se mettre à découvert car les zombies contournaient le corps et étaient trop loin pour qu’il puisse les avoir en toute sécurité.

En le voyant bouger, l’un des zombies se dirigea vers lui et il leva son couteau pour l’attendre. Les créatures étaient lentes et il savait qu’il allait s’en sortir en procédant avec prudence. Son couteau trouva son chemin dans le crâne de l’homme et celui-ci s’effondra sur le sol. Cependant, James fut rapidement submergé par les zombies qui arrivaient par paquet. Pendant un moment qui lui sembla infini, boosté par l’adrénaline, il se mit à lever le bras, tourner sur lui-même, attraper les bras des zombies pour les maintenir à distance. Un zombie. Deux. Trois. Cinq. Sept. Il avait perdu la notion du temps, il avait perdu le compte et il ne savait plus où il en était. Son bras se levait, son couteau s’enfonçait dans le crâne des zombies. Tout était mécanique. Il se battait pour sa survie, reculant un peu plus à chaque zombie mort pour ne pas se retrouver les pieds pris dedans.

James se retrouva acculé contre un mur, le dos collé contre. Il avait du sang partout. Sa chemise était tâchée du sang de zombie et collait à son torse. Le zombie avec lequel il luttait était plus fort et plus grand que les autres, et il n’arrivait pas à tendre assez la main pour lui enfoncer un couteau dans un endroit qui le tuerait. Alors, il se contenta de le repousser et il s’éloigna en courant vers un autre coin de la pièce. Une part de lui se disait qu’il aurait dû sortir à l’extérieur de la grande pour avoir de l’espace.

Le zombie suivant fut facile à tuer. Il poussa un soupir et il s’adossa à un poteau, observant la pièce avec un air déprimé. Il restait encore une dizaine de zombies. James était épuisé. Il était déjà fatigué pour la journée. La peur du cheval dans sa stalle était presque à s’insinuer en lui. Presque étant le mot clef dans cette histoire. James n’avait jamais eu peur de quoi que ce soit de sa vie. Jamais. A part perdre Nina. Et, maintenant que c’était le cas, il n’en avait rien à faire du reste. Il n’avait plus la moindre émotion.

Il s’approcha de la stalle dans laquelle Mars était en train de ruer et il saisit deux zombies pour les repousser au loin. Son bras commençait à lui faire mal. Il le secoua un instant et changea de main pour tuer un zombie supplémentaire, qui était en train de grimper contre le bois de la stalle, il ne savait trop comment. Il jeta son cadavre en arrière, pile sur les deux qui étaient en train de se relever, les bloquant ainsi au sol. Il planta son couteau dans un autre zombie et le jeta aussi en arrière. Combien en restait-il ? Combien y en avait-il ? Il ne le savait pas. Plus. Il avait perdu le compte de ce qu’il était en train de faire. Il n’y avait qu’une seule chose qui comptait. Survivre. Il devait survivre. Il devait reprendre sa quête. Ce serait plus simple avec Mars. Son regard était vide de toute émotion. En cet instant, il était totalement le tueur sanguinaire et sociopathe qu’il avait toujours été. Le sang qui le recouvrait était comme son masque de victoire. Son corps était douloureux, mais il n’en avait rien à faire. Encore un zombie. Encore un autre. Le suivant, il le repoussa contre la stalle avec violence. Il n’était plus que ça. Violence. Survie. Un autre zombie. Encore un.

Le suivant l’attrapa dans le dos, et James ne put éviter la morsure qu’en envoyant sa tête en arrière. Le craquement sonore du nez du zombie retentit. James recula comme il put et le zombie et lui tombèrent sur l’un des cadavres qu’il avait poussé un peu plus tôt. James roula sur le côté immédiatement et se releva, ses doigts crispés sur son couteau. Son corps réagit avant qu’il n’ait réellement vu le zombie, et il lui enfonça le couteau dans le crâne.

Il était temps d’y aller. Il était temps de s’enfuir de là avant que Lady Luck ne l’abandonne à nouveau. Il avait récupéré deux couteaux et un fouet, c’était déjà beaucoup. Il avait survécu à une vingtaine de zombies, c’était déjà énorme. Il avait trouvé un cheval pour l’emmener partout, c’était déjà énorme. Il n’avait aucune idée de comment et pourquoi l’animal était là. C’était un miracle qu’il soit encore en vie. James ouvrit la stalle et il grimpa sur l’animal. Il serra ses cuisses autour de l’encolure de l’animal et celui-ci partit au galop, traversant l’étable.

Le retour au soleil éblouit James durant une seconde, puis il s’y fit, juste à temps pour se pencher en avant et laisser l’animal sauter par-dessus la barrière. Il le dirigea vers la droite, vers la ville. Sa prochaine étape serait de prendre un bain dans la rivière. Et, ensuite, il irait voir dans un de ses camps de réfugiés pour lesquels il avait tant de mépris. Il devait trouver sa sœur. Il n’avait pas d’autre choix.

©️blue raven.





Cold Blood Murderer ● nobody’s ever been arrested for a murder; they have only ever been arrested for not planning it properly.
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